Entreprises en difficulté Procédures collectives Mis à jour : juillet 2026 Lecture : 7 min

Résolution du plan de continuation
conséquences et
cessation des paiements

Lorsque le débiteur cesse d'honorer les échéances de son plan, le tribunal peut en prononcer la résolution. Mais cette décision n'entraîne pas automatiquement la liquidation judiciaire : la preuve de l'état de cessation des paiements reste déterminante. Le cabinet LLA Avocats (Paris 8e) accompagne dirigeants et créanciers à chaque étape.

Me Marc Ladreit de Lacharrière Avocat associé · Barreau de Paris
4,9/5 · 120 avis Google Paris 8e · Île-de-France
En bref

La résolution du plan de continuation est la décision par laquelle le tribunal met fin au plan lorsque le débiteur n'exécute pas ses engagements (art. L.626-27 C. com.). Contrairement à une idée répandue, elle n'entraîne pas automatiquement la liquidation judiciaire : le tribunal doit d'abord constater l'état de cessation des paiements (Cass. com., 8 janvier 2020). À défaut, aucune nouvelle procédure collective n'est ouverte et les créanciers antérieurs retrouvent leur droit de poursuite individuelle. Le cabinet LLA Avocats, au 30 rue de Miromesnil (Paris 8ᵉ), accompagne dirigeants et créanciers dès la mise en demeure du commissaire à l'exécution du plan.

Sommaire de l'article

Ce que vous allez apprendre

« La résolution d'un plan n'est pas une fatalité. Tant que la cessation des paiements n'est pas caractérisée, l'entreprise conserve des options — encore faut-il les faire valoir devant le tribunal, au bon moment. »
— Me Marc Ladreit de Lacharrière, avocat associé · Barreau de Paris
L'essentiel à savoir

Qu'est-ce que la résolution d'un plan de continuation ?

Lorsqu'une entreprise bénéficie d'un plan de continuation — arrêté après une sauvegarde ou un redressement judiciaire — elle s'engage à respecter un échéancier de remboursement de ses dettes, appelé annuités ou dividendes. La résolution du plan intervient lorsque cet engagement n'est plus tenu.

L'article L.626-27, alinéa 2 du Code de commerce le prévoit expressément : le tribunal qui a arrêté le plan peut, après avis du ministère public, en décider la résolution si le débiteur n'exécute pas ses engagements dans les délais fixés. En pratique, cela vise le plus souvent le non-paiement des dividendes annuels.

Cette résolution n'a rien d'automatique. Elle suppose une saisine du tribunal, généralement à l'initiative du commissaire à l'exécution du plan (le mandataire de justice chargé de veiller au bon déroulement du plan), après une mise en demeure de régler restée infructueuse. La suite dépend ensuite de l'origine du plan et, surtout, de l'état financier réel de l'entreprise — c'est là que la conversion du redressement en liquidation judiciaire peut, ou non, être prononcée.

Cessation des paiements : actif disponible contre passif exigible

Actif disponible

Trésorerie en banque, réserves de crédit immédiatement actionnables, effets de commerce. Les créances clients n'en font pas partie.

Passif exigible

Dettes échues et immédiatement exigibles. L'article L.631-1 C. com. caractérise la cessation des paiements dès que l'actif disponible ne suffit plus à y faire face.

Ce qui mène à la résolution

  • Non-paiement — les dividendes annuels du plan ne sont plus réglés.
  • Mise en demeure — le commissaire à l'exécution du plan somme le débiteur de payer.
  • Saisine du tribunal — à défaut de régularisation, le commissaire saisit le tribunal.
  • Avis du ministère public — recueilli avant toute décision de résolution.
  • Décision — le tribunal prononce, ou non, la résolution du plan.

Délai à surveiller : les jugements en procédure collective sont frappés d'un délai d'appel très bref, généralement de 10 jours à compter de la notification. Il faut réagir vite pour préserver ses droits.

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La procédure

Qui demande la résolution, et quel sort pour l'entreprise ?

La résolution n'est jamais prononcée d'office. Elle résulte d'une saisine du tribunal, portée par des acteurs précis de la procédure collective.

En pratique, c'est le plus souvent le commissaire à l'exécution du plan qui saisit le tribunal, après avoir constaté le non-paiement des dividendes annuels. Le ministère public rend un avis préalable, puis le tribunal statue. Un créancier peut aussi porter la difficulté à la connaissance du commissaire.

Ce qui se passe ensuite pour l'entreprise dépend entièrement de l'origine du plan et de l'existence, ou non, d'un état de cessation des paiements. La timeline ci-contre détaille les issues possibles.

Un délai d'appel très bref

Les jugements en procédure collective sont, en principe, frappés d'un délai d'appel de 10 jours à compter de la notification. Il faut réagir vite pour préserver ses droits.

01

La résolution est prononcée

Point de départ

Le tribunal met fin au plan de continuation. La suite ne dépend pas de la résolution elle-même, mais de la procédure dont le plan était issu et de la situation financière réelle de l'entreprise.

02

Cas n°1 · Plan issu d'une sauvegarde

Deux issues

Le tribunal dispose d'une option : ouvrir un redressement judiciaire ou une liquidation judiciaire, selon les perspectives de redressement de l'entreprise.

Le redressement judiciaire : le guide complet
03

Cas n°2 · Plan issu d'un redressement

Étape clé

Seule la liquidation judiciaire est envisageable — mais le tribunal doit d'abord prouver l'état de cessation des paiements. Sans cette preuve, il ne peut pas ouvrir la procédure.

Avocat en liquidation judiciaire à Paris
04

Sans cessation des paiements

Issue possible

Aucune nouvelle procédure collective n'est ouverte. Les créanciers antérieurs retrouvent leur droit de poursuite individuelle contre le débiteur.

Jurisprudence

L'apport de la jurisprudence : Cass. com., 8 janvier 2020

Un arrêt de la chambre commerciale de la Cour de cassation fixe une règle essentielle : la résolution du plan n'entraîne jamais, à elle seule, la mise en liquidation de l'entreprise.

Dans son arrêt du 8 janvier 2020 (pourvoi n° 18-16295), la Cour rappelle que ce n'est pas parce qu'un plan de continuation est résolu que la société doit automatiquement être placée en liquidation judiciaire. Il appartient toujours à la juridiction commerciale de se prononcer sur l'état de cessation des paiements de l'entreprise.

La conséquence est concrète : si le plan est résolu mais que l'entreprise n'est pas en cessation des paiements, aucune nouvelle procédure collective n'est ouverte. La situation bascule alors vers le droit commun des poursuites individuelles.

La résolution du plan ne dispense pas le tribunal de constater l'état de cessation des paiements avant d'ouvrir une procédure de liquidation judiciaire.

Que deviennent les créanciers ?

Tout dépend de l'existence, ou non, d'un état de cessation des paiements après la résolution.

  • Sans cessation des paiements — pas de nouvelle procédure collective ; les créanciers antérieurs retrouvent leur droit de poursuite individuelle.
  • Avec liquidation judiciaire — les créanciers doivent (re)déclarer leurs créances auprès du liquidateur.
  • Durée à anticiper — une liquidation s'étale souvent sur plusieurs mois à plusieurs années selon la complexité du dossier.
À retenir

La résolution du plan rebat les cartes, mais ne scelle pas le sort de l'entreprise. La preuve de la cessation des paiements reste l'élément décisif — pour le dirigeant comme pour les créanciers.

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FAQ

Questions fréquentes sur la résolution du plan

01 Qu'est-ce que la résolution d'un plan de continuation ?

C'est la décision par laquelle le tribunal constate que le débiteur n'exécute pas les engagements du plan — le plus souvent le non-paiement des dividendes annuels — et y met fin.

Elle est prévue par l'article L.626-27 du Code de commerce et intervient après avis du ministère public.

02 Qui peut demander la résolution du plan ?

Principalement le commissaire à l'exécution du plan, après une mise en demeure de régler restée infructueuse. Il saisit alors le tribunal.

Le ministère public rend un avis préalable obligatoire avant que le tribunal ne statue.

03 La résolution du plan entraîne-t-elle automatiquement la liquidation judiciaire ?

Non. La Cour de cassation (Cass. com., 8 janvier 2020, n° 18-16295) rappelle que le tribunal doit d'abord constater l'état de cessation des paiements avant d'ouvrir une liquidation.

La résolution du plan et l'ouverture d'une liquidation sont deux décisions distinctes, qui obéissent à des conditions propres.

04 Faut-il prouver la cessation des paiements après la résolution ?

Oui, lorsque le plan faisait suite à un redressement judiciaire : sans cessation des paiements avérée, le tribunal ne peut pas ouvrir de nouvelle procédure collective.

La cessation des paiements se définit comme l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible (art. L.631-1 C. com.).

05 Que deviennent les créanciers si le plan est résolu sans cessation des paiements ?

Ils retrouvent leur droit de poursuite individuelle contre le débiteur, puisqu'aucune nouvelle procédure collective n'est ouverte.

Chaque créancier peut ainsi reprendre ses actions en recouvrement selon les voies de droit commun.

06 Quel recours pour le dirigeant après la résolution ?

Le dirigeant peut contester la caractérisation de la cessation des paiements et faire appel dans les délais — généralement très brefs en procédure collective.

Il a tout intérêt à se faire assister dès la mise en demeure du commissaire. Voir notre article sur les délais d'appel en matière de procédure collective.

Un plan menacé de résolution ? Parlons-en.

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