
Loi du 23 avril 2026 : recouvrement de créances | LLA Avocats
La loi n° 2026-307 du 23 avril 2026, parue au Journal officiel du 24 avril 2026, instaure une nouvelle procédure simplifiée de recouvrement des créances
Réponse rapide
La liquidation judiciaire est une procédure collective ouverte par le tribunal lorsque l'entreprise est en cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible (article L.640-1 du Code de commerce). Elle entraîne la cessation d'activité, le dessaisissement du dirigeant et la réalisation des actifs. Le dirigeant doit déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours, sous peine de sanctions personnelles. L'avocat sécurise cette déclaration, défend le dirigeant et explore les alternatives (mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde).
Le Cabinet LLA AVOCATS possède une longue pratique en matière de droit des entreprises en difficultés et de dépôt de bilan.
La Prévention : les procédures collectives préventives existantes
Trop souvent, les dirigeants d’entreprises en difficulté attendent le dernier moment et un état de cessation des paiements avéré et ancien pour déposer le bilan.
Il y a état de cessation des paiements quand l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible (article L. 631-1 du code de commerce) et elle doit dans ce cas déposer le bilan.
Cependant l’entreprise peut éviter le dépôt de bilan en ayant recours en temps utile aux procédures préventives. Ces procédures peuvent être envisagées lorsque l’entreprise « connaît des difficultés de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » (article L. 611-2 du code de commerce) sans toutefois être en état de cessation des paiements. Ces procédures de prévention sont les suivantes :
Le dirigeant d’une entreprise en état de cessation des paiements a l’obligation de déposer au greffe du tribunal de commerce de son siège social une déclaration de cessation des paiements dans un délai de 45 jours à compter de cette date de cessation des paiements.
Aux termes de cette déclaration de cessation des paiements, le dirigeant peut solliciter :
Hormis les cas exceptionnels où la société redevient in bonis pendant la période d’observation, aux termes de la période d’observation qui dure entre 6 et 12 mois, l’entreprise doit proposer un plan de redressement :
La liquidation judiciaire intervient quand plus aucune solution ne s’offre à l’entreprise débitrice. La liquidation judiciaire intervient soit dans le cadre d’une conversion du redressement en liquidation soit directement dans le cadre d’une demande d’ouverture de liquidation judiciaire.
Les avocats de LLA AVOCATS sont à votre disposition pour toute question ou information relative à une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
Le redressement judiciaire vise à sauver l'entreprise en difficulté par un plan de continuation ou de cession ; il s'applique quand la situation n'est pas irrémédiablement compromise (article L.631-1 du Code de commerce). La liquidation judiciaire est prononcée lorsque l'entreprise est en cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible (article L.640-1) ; elle conduit à la cessation d'activité et à la réalisation des actifs.
Le dirigeant doit déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours suivant sa survenance, sauf s'il a sollicité l'ouverture d'une procédure de conciliation (article L.631-4 du Code de commerce). La cessation des paiements correspond à l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible. Le dépôt tardif peut engager la responsabilité personnelle du dirigeant sur le terrain de la faute de gestion.
La durée d'une liquidation judiciaire à Paris varie en moyenne de 12 à 36 mois, selon la complexité du dossier et le volume d'actifs à réaliser. La liquidation judiciaire simplifiée, applicable aux entreprises sans bien immobilier dont le chiffre d'affaires hors taxes est inférieur à 750 000 € et qui n'emploient pas plus de 5 salariés, est encadrée par un délai maximum de 6 à 12 mois (articles L.641-2 et R.641-10). La présence d'un avocat permet de suivre les délais, contester les inscriptions de créances et d'éviter les retards.
En principe, non. La personne morale et le dirigeant personne physique sont juridiquement distincts ; les biens personnels du dirigeant ne sont pas inclus dans la procédure. Toutefois, plusieurs situations peuvent exposer le patrimoine personnel : caution personnelle, faute de gestion sanctionnée par une action en comblement de passif (article L.651-2 du Code de commerce), faillite personnelle, confusion des patrimoines, ou exercice en nom propre.
Oui, l'appel est possible dans un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement (article R.661-3 du Code de commerce). L'exécution du jugement est de droit provisoire, ce qui signifie que la liquidation se poursuit malgré l'appel. Pour préserver l'activité durant l'instance, il convient de demander en parallèle la suspension de l'exécution provisoire au Premier président de la Cour d'appel (article R.661-1). Le délai très court rend l'intervention immédiate d'un avocat décisive.
L'action en comblement de passif, désormais appelée action en responsabilité pour insuffisance d'actif, permet au liquidateur ou au ministère public de demander que tout ou partie du passif soit mis à la charge du dirigeant (article L.651-2 du Code de commerce). Trois conditions doivent être réunies : une liquidation judiciaire ouverte, une insuffisance d'actif constatée, et une faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance. La simple négligence n'est plus suffisante depuis la loi Sapin II.
Le dirigeant peut faire l'objet d'une faillite personnelle ou d'une interdiction de gérer (articles L.653-1 à L.653-8 du Code de commerce). Ces sanctions, prononcées par le tribunal pour une durée maximale de 15 ans, supposent des fautes précises : poursuite abusive d'une activité déficitaire, détournement d'actif, tenue de comptabilité fictive, omission de déclaration de cessation des paiements. La défense suppose une analyse documentée de la gestion antérieure.
Non, la liquidation judiciaire de la société n'efface pas les dettes personnelles du dirigeant. Les dettes contractées au nom de la société sont éteintes (sauf cas de cautionnement personnel), mais les dettes personnelles du dirigeant subsistent intégralement. Lorsqu'une liquidation judiciaire est ouverte à l'égard d'un entrepreneur individuel et que la procédure se conclut par une clôture pour insuffisance d'actif, certains effets de purge des dettes professionnelles peuvent s'appliquer (article L.643-11 du Code de commerce).
Oui, sauf en cas de faillite personnelle ou d'interdiction de gérer prononcée par le tribunal. L'absence de telles sanctions permet au dirigeant de créer immédiatement une nouvelle structure. En revanche, une faillite personnelle interdit, pendant la durée fixée par le jugement (jusqu'à 15 ans), toute fonction commerciale, artisanale, agricole ou de direction de société (articles L.653-2 et L.653-8). Le fichage Banque de France (FIBEN) en cas de redressement ou liquidation peut compliquer l'accès au financement.
Le coût de l'intervention d'un avocat en liquidation judiciaire à Paris varie selon la complexité du dossier et le mode d'honoraires choisi : forfait, taux horaire (généralement 250 à 500 € HT en droit des affaires) ou convention d'honoraires mixte. Une convention d'honoraires écrite est obligatoire pour toute intervention d'avocat (article 10 de la loi du 31 décembre 1971). Le premier échange confidentiel, dit « audit flash », permet de chiffrer la prestation au regard des actes à accomplir : déclaration de cessation des paiements, défense devant le TAE, appel éventuel.
Le liquidateur dispose d'une option : continuer le bail commercial s'il est utile à la liquidation, ou y mettre fin (articles L.641-12 et L.642-7 du Code de commerce). Le bailleur ne peut pas obtenir la résiliation pour les loyers antérieurs au jugement d'ouverture mais conserve son privilège pour les loyers postérieurs. La cession du bail dans le cadre d'un plan de cession est possible, nonobstant toute clause contraire du bail.
Depuis le 1er janvier 2025, le Tribunal des activités économiques (TAE) de Paris remplace le Tribunal de commerce pour connaître de l'ensemble des procédures collectives, quel que soit le statut juridique du débiteur (commerçant, artisan, profession libérale, association, agriculteur). Cette réforme issue de la loi du 20 novembre 2023 instaure une expérimentation de 4 ans dans 12 tribunaux pilotes, dont Paris. La Cour d'appel de Paris reste compétente pour le second degré.
Marc Ladreit de Lacharrière – Avocat associé, Avocat au Barreau de Paris

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