En bref
La liquidation judiciaire arrête l’activité d’une entreprise en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible, puis vend ses biens pour payer les créanciers (articles L. 640-1 et suivants du code de commerce). Le dirigeant doit la demander au greffe dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements. Elle suit 5 étapes : demande, audience, jugement d’ouverture, opérations de liquidation, clôture.
Seule la liquidation simplifiée a une durée légale maximale (6 mois ou 1 an, plus 3 mois). En liquidation ordinaire, le tribunal fixe dans son jugement le délai d’examen de la clôture.
Votre entreprise est convoquée au tribunal, ou un jugement de liquidation vient d’être rendu : voici le déroulement, la durée, le coût et les conséquences pour le dirigeant, la caution, les salariés et les créanciers.
Auteur : Me Marc Ladreit de Lacharrière, avocat associé au barreau de Paris (LLA Avocats), qui intervient en procédures collectives devant le tribunal des activités économiques de Paris.
Méthode : articles vérifiés sur Légifrance, version en vigueur au 28 octobre 2026 (dernière mise à jour).
L’essentiel
- 45 jours après la cessation des paiements pour demander l’ouverture, sauf conciliation demandée dans ce délai.
- À Paris, le tribunal des activités économiques juge les liquidations depuis le 1er janvier 2025.
- 2 mois après la publication au BODACC pour déclarer une créance au liquidateur.
- L’AGS garantit les indemnités des licenciements prononcés dans les 15 jours du jugement (21 jours avec un plan de sauvegarde de l’emploi).
- Le dirigeant de société ne paie pas les dettes sociales, sauf caution, faute de gestion ou sanction.
Sommaire
- Qu’est-ce que la liquidation judiciaire ?
- Les 5 étapes de la liquidation judiciaire
- Combien de temps dure une liquidation judiciaire ?
- Le jugement d’ouverture : ce qui se passe concrètement
- Combien coûte une liquidation judiciaire, et qui paie ?
- Conséquences pour les créanciers
- Conséquences pour le dirigeant et la caution
- Conséquences pour les salariés
- Sort du bail commercial
- La clôture de la liquidation judiciaire, et après
- Le rôle de l’avocat
- FAQ
- Les délais qui courent dès maintenant
1. Qu’est-ce que la liquidation judiciaire ?
La liquidation judiciaire est ouverte par le tribunal lorsque l’entreprise est en cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible. Elle est régie par les articles L. 640-1 et suivants du code de commerce et met fin à l’activité, ou réalise le patrimoine par une cession globale ou par la vente séparée des biens.
La cessation des paiements est l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible ; elle n’existe pas si des réserves de crédit ou des moratoires permettent de payer (art. L. 631-1). Sont concernés les commerçants, artisans, agriculteurs, professionnels indépendants (professions libérales comprises) et personnes morales de droit privé, sociétés comme associations (art. L. 640-2).
Qui peut demander l’ouverture ?
Le dirigeant, qui y est tenu au plus tard 45 jours après la cessation des paiements s’il n’a pas demandé de conciliation (art. L. 640-4). Hors conciliation en cours, un créancier peut aussi assigner, quelle que soit sa créance, et le ministère public saisir le tribunal par requête (art. L. 640-5).
Quel tribunal ? Le cas de Paris depuis 2025
Le tribunal de commerce est compétent pour une activité commerciale ou artisanale, le tribunal judiciaire dans les autres cas (art. L. 621-2). À Paris, depuis le 1er janvier 2025 et pour quatre ans, le tribunal de commerce est devenu tribunal des activités économiques (TAE) : il juge les liquidations quel que soit le statut du débiteur, associations et la plupart des professions libérales comprises (loi n° 2023-1059, art. 26 ; arrêté du 5 juillet 2024).
Liquidation ou redressement judiciaire : quelle différence ?
Le redressement judiciaire s’ouvre quand le sauvetage reste possible, avec une période d’observation pour préparer un plan ; s’il devient manifestement impossible, le tribunal peut prononcer la liquidation à tout moment (art. L. 631-15, II), ce qui correspond à la conversion du redressement en liquidation. Les petites entreprises relèvent de la liquidation judiciaire simplifiée (section 3). Pour une personne physique sans salarié et à l’actif modeste, le tribunal examine d’abord un rétablissement professionnel (art. L. 645-1).
2. Les 5 étapes de la liquidation judiciaire
Une liquidation judiciaire suit toujours le même ordre : demande d’ouverture, audience, jugement d’ouverture, opérations de liquidation, puis jugement de clôture.
| Étape | Qui agit | Délai | Pièces et texte |
|---|---|---|---|
| 1. Demande d’ouverture | Dirigeant, créancier ou ministère public | 45 jours après la cessation des paiements | Déclaration de cessation des paiements, état actif et passif, trésorerie (L. 640-4) |
| 2. Audience | Tribunal, dirigeant entendu | Aucun délai légal | Examen des chances de redressement (L. 621-1, L. 641-1) |
| 3. Jugement d’ouverture | Tribunal | Appel dans les 10 jours de la notification | Désignation du liquidateur et du juge-commissaire (L. 641-1, R. 661-3) |
| 4. Opérations | Liquidateur, sous le contrôle du juge-commissaire | Créances déclarées sous 2 mois ; en procédure simplifiée, ventes mobilières sous 4 mois | Ventes, vérification des créances, licenciements (L. 641-4, L. 644-2) |
| 5. Clôture | Tribunal | Délai fixé par le jugement ; demande possible de tout créancier après 2 ans | Jugement de clôture (L. 643-9) |
Étape 1 : la déclaration de cessation des paiements (dépôt de bilan)
Le dirigeant dépose au greffe, en deux exemplaires, la demande d’ouverture, la déclaration de cessation des paiements (cerfa n° 10530) et les pièces listées par service-public.gouv.fr, détaillées dans notre article sur la procédure de dépôt de bilan.
Le dirigeant qui a sciemment laissé passer les 45 jours sans demander de conciliation encourt une interdiction de gérer (art. L. 653-8). Le tribunal peut en outre fixer la date de cessation des paiements jusqu’à 18 mois avant le jugement (art. L. 631-8) : c’est la « période suspecte », pendant laquelle certains actes sont nuls, comme les donations ou le paiement de dettes non échues (art. L. 632-1).
Étape 2 : l’audience devant le tribunal
Le tribunal statue après avoir entendu ou dûment appelé le débiteur en chambre du conseil, ainsi que les représentants désignés par le CSE (art. L. 621-1, applicable par renvoi). Si la situation n’est pas manifestement irrémédiable, il invite le dirigeant à s’expliquer sur un redressement et peut l’ouvrir à la place (art. L. 641-1, I). La loi ne fixe aucun délai entre le dépôt et l’audience.
Étape 3 : le jugement d’ouverture de liquidation judiciaire
Le jugement désigne un juge-commissaire, qui surveille la procédure, un liquidateur (en principe un mandataire judiciaire) et un représentant des salariés (art. L. 641-1, II). Un administrateur judiciaire n’est nommé qu’en cas de maintien de l’activité, au-delà de certains seuils (art. L. 641-10). Si l’entreprise remplit les conditions de la procédure simplifiée, le tribunal l’applique (art. L. 641-2). Le jugement est publié au BODACC. L’appel doit être formé dans les 10 jours de sa notification, et non de son prononcé (art. R. 661-3).
Étape 4 : les opérations de liquidation
Le liquidateur vend le fonds, le matériel, les stocks et les immeubles, recouvre les sommes dues à l’entreprise, vérifie les créances et procède aux licenciements (art. L. 641-4). En procédure simplifiée, il vend les biens mobiliers de gré à gré ou aux enchères dans les 4 mois, puis met aux enchères ce qui reste (art. L. 644-2).
Étape 5 : la clôture de la liquidation judiciaire
Le tribunal clôt la procédure quand il n’y a plus de passif exigible ou que le liquidateur peut payer tous les créanciers, quand l’actif est insuffisant, ou quand poursuivre serait disproportionné au regard des biens restants (art. L. 643-9). Ses effets sont détaillés à la section 10.
3. Combien de temps dure une liquidation judiciaire ?
Seule la liquidation simplifiée a une durée légale maximale, 6 mois ou 1 an selon la taille de l’entreprise, prolongeable de 3 mois ; en liquidation ordinaire, la durée dépend du délai fixé par le jugement et de ce qu’il reste à vendre. En liquidation ordinaire, la durée d’une liquidation judiciaire dépend donc des biens restant à vendre et des actions en cours, que le tribunal peut confier à un mandataire après la clôture (art. L. 643-9).
| Situation | Ce que dit la loi | Texte |
|---|---|---|
| Liquidation simplifiée, 1 salarié et 300 000 € de chiffre d’affaires HT au plus | Clôture dans les 6 mois, prorogeable de 3 mois au plus | L. 644-5, D. 641-10 |
| Liquidation simplifiée, au-delà de ces seuils | Clôture dans l’année, prorogeable de 3 mois au plus | L. 644-5, D. 641-10 |
| Liquidation ordinaire | Délai d’examen de la clôture fixé par le jugement, prorogeable ; tout créancier peut demander la clôture après 2 ans | L. 643-9 |
| Maintien provisoire de l’activité | 3 mois au plus, renouvelable une fois à la demande du ministère public | L. 641-10, R. 641-18 |
Délai entre la cessation des paiements et l’ouverture
Le dirigeant a 45 jours pour déposer sa demande ; la loi ne fixe pas ensuite de délai d’audience. Dès le jugement, l’activité cesse en principe, sauf maintien provisoire (art. R. 641-18).
Délai pour déclarer ses créances
Les créanciers ont 2 mois à compter de la publication du jugement au BODACC, augmentés de 2 mois pour ceux qui ne demeurent pas en France métropolitaine lorsque la procédure y est ouverte (art. R. 622-24).
Les seuils de la liquidation judiciaire simplifiée
La procédure simplifiée s’applique si l’actif ne comprend pas d’immeuble et si l’entreprise n’a pas dépassé 5 salariés sur les 6 mois précédant l’ouverture ni 750 000 € de chiffre d’affaires HT au dernier exercice clos (art. L. 641-2 et art. D. 641-10). Pour un entrepreneur personne physique, seule l’absence d’immeuble compte. Les seuils de 1 salarié et 300 000 €, souvent présentés comme conditions d’entrée, ne fixent que la durée (art. L. 644-5).
4. Le jugement d’ouverture : ce qui se passe concrètement
Dès le jugement, l’entreprise perd la gestion de ses biens au profit du liquidateur, les créanciers ne peuvent plus la poursuivre individuellement et ses dettes deviennent exigibles.
- Dessaisissement : le liquidateur administre les biens et exerce les droits du débiteur jusqu’à la clôture ; une personne physique ne peut exercer aucune activité indépendante pendant la liquidation, sauf sur un patrimoine distinct (art. L. 641-9).
- Arrêt des poursuites : les actions en paiement et les saisies des créanciers antérieurs sont arrêtées, et ces créances ne peuvent plus être payées (art. L. 622-21, rendu applicable par l’art. L. 641-3).
- Arrêt des intérêts, sauf prêts d’au moins un an et contrats à paiement différé d’au moins un an (art. L. 622-28).
- Exigibilité des créances non échues, décalée si l’activité est maintenue en vue d’une cession (art. L. 643-1).
La société ne disparaît qu’à la clôture (section 10). Le dirigeant reste en fonction avec des pouvoirs très réduits et doit remettre au liquidateur, dans le mois, les informations exigées (art. L. 653-8).
5. Combien coûte une liquidation judiciaire, et qui paie ?
Les frais de la liquidation sont prélevés sur l’actif de l’entreprise ; lorsque les fonds manquent, le Trésor public les avance et se rembourse en priorité sur le produit des ventes.
Les postes sont les frais de greffe et de publicité et la rémunération du liquidateur, fixée par un tarif réglementé et exclusive de toute autre rémunération (art. L. 663-2). Si les fonds disponibles ne suffisent pas, le Trésor avance, sur ordonnance du juge-commissaire, les frais de greffe, de signification et de publicité (art. L. 663-1). Quand la vente des biens ne couvre même pas la rémunération minimale du liquidateur, le tribunal déclare le dossier impécunieux et un fonds géré par la Caisse des dépôts la complète (art. L. 663-3).
Pour un dirigeant de société, le risque financier personnel vient donc de ses cautions, d’une éventuelle condamnation pour insuffisance d’actif et des honoraires de son propre avocat, fixés par convention.
6. Conséquences pour les créanciers
Le créancier dont la créance est née avant le jugement doit la déclarer au liquidateur dans les 2 mois de la publication au BODACC ; il est ensuite payé, s’il reste de l’argent, selon un ordre légal où les créanciers chirographaires passent en dernier.
La déclaration est obligatoire même sans titre (art. L. 622-24) ; voir notre guide pour déclarer sa créance en procédure collective. Hors délai, le créancier est exclu des répartitions, sauf relevé de forclusion demandé au juge-commissaire dans les 6 mois de la publication du jugement (art. L. 622-26).
Le produit des ventes est réparti selon les seize rangs de l’article L. 643-8. Les premiers reviennent aux salaires couverts par le super-privilège, aux frais de justice postérieurs au jugement et à l’argent frais apporté en conciliation ; suivent notamment les sûretés immobilières, le Trésor, les gagistes et le bailleur. Le créancier chirographaire, sans sûreté ni privilège, vient en dernier, au prorata. Si l’actif sera absorbé par les frais et les créances privilégiées, ses créances ne sont même pas vérifiées (art. L. 641-4).
Les créances nées régulièrement après le jugement sont payées à l’échéance, sinon par privilège si elles sont signalées au liquidateur dans les 6 mois de la publication (art. L. 641-13).
7. Conséquences pour le dirigeant et la caution
Le dirigeant d’une société ne répond pas des dettes sociales du seul fait de la liquidation, mais il peut être condamné à en supporter une partie pour faute de gestion, et il reste tenu de ses engagements de caution.
La responsabilité pour insuffisance d’actif
Le tribunal peut faire supporter tout ou partie du passif non couvert aux dirigeants de droit ou de fait dont la faute de gestion y a contribué. La simple négligence ne suffit pas, et l’action se prescrit par 3 ans à compter du jugement de liquidation (art. L. 651-2). Voir notre analyse de l’action en responsabilité pour insuffisance d’actif.
Les sanctions personnelles
| Fait reproché | Texte | Sanction encourue |
|---|---|---|
| Faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif | L. 651-2 | Paiement de tout ou partie du passif non couvert |
| Avoir sciemment omis de demander l’ouverture dans les 45 jours | L. 653-8 | Interdiction de gérer, 15 ans au plus |
| Faits énumérés aux articles L. 653-3 à L. 653-6 | L. 653-1, L. 653-11 | Faillite personnelle, 15 ans au plus |
| Banqueroute (faits énumérés à l’article L. 654-2) | L. 654-3 | 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende |
| Gérer malgré une interdiction | L. 654-15 | 2 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende |
Ces règles figurent au titre V du livre VI du code de commerce ; l’action en faillite personnelle ou en interdiction de gérer se prescrit par 3 ans à compter du jugement d’ouverture. Aucune sanction n’est automatique, et une interdiction de gérer peut être relevée.
Le patrimoine personnel
Le patrimoine du dirigeant de SARL, SAS ou SA reste distinct de celui de la société, sous ces réserves. L’entrepreneur individuel ne répond de ses dettes professionnelles que sur son patrimoine professionnel, sauf sûretés conventionnelles ou renonciation (art. L. 526-22), et sa résidence principale est insaisissable de plein droit par ses créanciers professionnels, sauf par le fisc en cas de fraude ou de manquement grave et répété (art. L. 526-1). Voir aussi les dettes personnelles du dirigeant.
Point de vigilance : le cautionnement personnel
La liquidation de la société ne libère pas le dirigeant qui s’est porté caution d’un prêt ou d’un bail : dès le jugement, le créancier peut agir contre la caution sans attendre l’admission de sa créance (service-public.gouv.fr). L’arrêt des poursuites après une clôture pour insuffisance d’actif ne vise que le débiteur (art. L. 643-11, I) ; la caution qui a payé peut seulement se retourner contre lui (art. L. 643-11, II).
8. Conséquences pour les salariés
Les salariés sont licenciés pour motif économique par le liquidateur, et l’AGS garantit leurs créances pour les ruptures intervenues dans les 15 jours du jugement, ou 21 jours si un plan de sauvegarde de l’emploi est élaboré.
L’avis du CSE est rendu au plus tard dans les 12 jours du jugement ou de la fin du maintien de l’activité (art. L. 641-4). Le délai de 15 jours n’oblige pas à licencier : il borne la garantie de l’AGS, qui couvre aussi les salaires impayés au jour du jugement (art. L. 3253-8 du code du travail).
Le mandataire établit les relevés de créances dans les 10 jours du jugement pour les salaires, dans les 3 mois pour le reste ; l’AGS verse les fonds dans les 5 ou 8 jours de leur réception selon le relevé (art. L. 3253-19 et L. 3253-21). Nous détaillons ailleurs les droits des salariés et la garantie AGS.
9. Sort du bail commercial en liquidation judiciaire
Le liquidateur décide de continuer ou non le bail des locaux : s’il y renonce, le bail est résilié au jour où le bailleur en est informé ; s’il le continue, il peut le céder dans les conditions prévues au bail.
Les loyers postérieurs au jugement sont des créances postérieures (art. L. 641-13). En cas de cession, toute clause imposant au repreneur une solidarité avec le cédant est réputée non écrite (art. L. 641-12).
Le bailleur déclare les loyers impayés avant le jugement. Il peut agir en résiliation pour des causes antérieures dans les 3 mois de la publication du jugement. Pour des loyers postérieurs impayés, il doit attendre 3 mois après le jugement, et un paiement dans ce délai empêche la résiliation (art. L. 622-14). Voir le sort du bail commercial en liquidation.
10. La clôture de la liquidation judiciaire, et après
Le jugement de clôture met fin à la procédure : pour insuffisance d’actif, il interdit en principe aux créanciers de poursuivre le débiteur ; pour extinction du passif, il laisse un éventuel excédent aux associés.
Clôture pour insuffisance d’actif (cas le plus fréquent)
Les créanciers impayés ne retrouvent pas le droit de poursuivre le débiteur (art. L. 643-11). Pour une société, ce jugement met fin à la personne morale (art. 1844-7, 7° du code civil). Les poursuites restent possibles dans les cas suivants :
- infraction pénale dont le débiteur a été reconnu coupable, ou droits attachés à la personne du créancier ;
- biens recueillis dans une succession ouverte pendant la procédure ;
- fraude aux organismes de protection sociale établie par une décision de justice ou une sanction ;
- faillite personnelle ou banqueroute du débiteur ;
- précédente liquidation clôturée pour insuffisance d’actif moins de 5 ans auparavant ;
- fraude envers les créanciers, sur autorisation du tribunal.
Si des biens n’ont pas été vendus ou des actions pas engagées, la procédure peut être reprise à la demande de l’ancien liquidateur, du ministère public ou d’un créancier (art. L. 643-13).
Clôture pour extinction du passif
Plus rare, elle intervient quand tous les créanciers peuvent être payés (art. L. 643-9). L’excédent éventuel revient aux associés : c’est le boni de liquidation.
Rebondir après une liquidation judiciaire
Une liquidation clôturée n’interdit pas de diriger une nouvelle entreprise, sauf interdiction de gérer ou faillite personnelle prononcée par le tribunal. L’entrepreneur individuel ne peut toutefois reprendre une activité indépendante pendant la procédure que sur un patrimoine distinct (art. L. 641-9, III).
11. Le rôle de l’avocat dans la procédure
L’avocat intervient aux moments où une décision se prend : avant le dépôt, à l’audience, après le jugement et face aux actions engagées contre le dirigeant.
- Avant l’audience : date de cessation des paiements, choix entre conciliation, procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation, préparation du dossier.
- À l’audience et après : présentation de la situation, appel dans les 10 jours, suivi des opérations.
- Face aux poursuites : défense en insuffisance d’actif, interdiction de gérer, faillite personnelle ; examen des cautions.
Le cabinet présente son intervention sur sa page avocat en liquidation judiciaire à Paris.
12. FAQ : questions fréquentes sur la liquidation judiciaire
Une liquidation judiciaire se déroule en 5 étapes, se paie sur l’actif de l’entreprise et ne libère pas le dirigeant de ses engagements de caution.
Comment se passe une liquidation judiciaire ?
Le dirigeant dépose une demande au greffe dans les 45 jours de la cessation des paiements. Après une audience, le tribunal ouvre la liquidation et désigne un liquidateur et un juge-commissaire. Le liquidateur vend les biens, vérifie les créances, licencie les salariés et répartit le produit entre les créanciers. Le tribunal prononce enfin la clôture.
Combien de temps dure une liquidation judiciaire ?
En liquidation simplifiée, la clôture doit intervenir dans les 6 mois, ou dans l’année si l’entreprise dépasse 1 salarié et 300 000 € de chiffre d’affaires, avec une prorogation de 3 mois au plus. En liquidation ordinaire, le tribunal fixe le délai d’examen de la clôture et peut le proroger ; après 2 ans, tout créancier peut demander la clôture.
Qui paie les dettes en cas de liquidation judiciaire ?
Les dettes sont payées sur le produit de la vente des biens de l’entreprise, dans l’ordre légal de l’article L. 643-8. Le dirigeant d’une société n’en répond pas personnellement, sauf s’il s’est porté caution ou si le tribunal le condamne pour une faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif. Le reste est en principe perdu pour les créanciers.
Que se passe-t-il après une liquidation judiciaire ?
Après une clôture pour insuffisance d’actif, la société disparaît et les créanciers ne peuvent plus poursuivre le débiteur, sauf exceptions : fraude, faillite personnelle, banqueroute, infraction pénale, nouvelle liquidation moins de 5 ans après la précédente. Les cautions restent tenues. La procédure peut être reprise si des biens ont été oubliés.
Peut-on recréer une entreprise après une liquidation judiciaire ?
Oui, sauf si le tribunal a prononcé une interdiction de gérer ou une faillite personnelle, chacune d’une durée de 15 ans au plus. Un entrepreneur individuel ne peut toutefois exercer aucune activité indépendante tant que sa liquidation est en cours, sauf sur un patrimoine distinct de celui visé par la procédure.
13. Les délais qui courent dès maintenant
Trois délais légaux commandent la suite : 45 jours pour demander l’ouverture après la cessation des paiements, 10 jours pour faire appel à compter de la notification du jugement, 2 mois pour déclarer une créance après la publication au BODACC.
Chaque situation dépend des pièces du dossier, de la date de cessation des paiements retenue et des engagements personnels du dirigeant.
Sources (consultées le 28 octobre 2026)
- Code de commerce, art. L. 640-1 à L. 645-12, Légifrance.
- Code de commerce, art. L. 650-1 à L. 654-20, Légifrance.
- Code du travail, art. L. 3253-1 à L. 3253-23, Légifrance.
- Loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, art. 26, Légifrance.
- Liquidation judiciaire d’une entreprise, Entreprendre.Service-Public.gouv.fr.
Cet article est une information générale sur le droit en vigueur au 28 octobre 2026. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas une consultation adaptée à votre situation.
Pour un échange sur une procédure en cours ou à venir, le cabinet LLA Avocats peut être joint par son formulaire de contact.
