Conflis entre associés dans une SAS

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conflit entre associés

Conflit entre associés d’une SAS : droits, recours et stratégies de résolution

En bref : En SAS, les conflits entre associés se règlent en priorité par les statuts, qui priment en l’absence de pacte d’associés. L’exclusion d’un associé n’est possible que si une clause statutaire le prévoit expressément (articles L227-16 et L227-19 du Code de commerce). En cas de blocage, le Tribunal de commerce peut être saisi pour désigner un mandataire ad hoc ou prononcer la dissolution. Le cabinet LLA Avocats accompagne les associés de SAS à Paris dans la prévention et la résolution de ces conflits.

La Société par Actions Simplifiée (SAS) séduit par sa souplesse organisationnelle. Mais cette liberté statutaire devient un piège lorsqu’un conflit éclate entre associés : en l’absence de pacte d’associés, les mécanismes de résolution sont souvent insuffisants, et les tensions peuvent rapidement paralyser la société.

Chez LLA Avocats, nous intervenons régulièrement sur des litiges entre associés de SAS devant les Tribunaux de commerce de Paris, Nanterre, Créteil et Bobigny. Ce guide fait le point sur vos droits et les stratégies disponibles.

Le cadre juridique de la SAS : ce que prévoient les textes

La SAS est régie par les articles L227-1 et suivants du Code de commerce. Sa caractéristique principale est la primauté des statuts sur les dispositions supplétives du Code de commerce. En clair : c’est dans les statuts que se trouvent — ou que manquent — les règles de gestion des conflits.

En l’absence de pacte d’associés, les statuts constituent le seul document de référence. C’est pourquoi leur rédaction initiale est déterminante. Un dirigeant confronté à un différend avec ses associés doit commencer par relire attentivement les clauses statutaires relatives aux décisions collectives, aux cessions d’actions, et à l’éventuelle exclusion d’un associé.

Droit de vote et participation aux décisions collectives

Tout associé de SAS dispose d’un droit fondamental : participer aux décisions collectives et exercer son droit de vote. La jurisprudence l’a fermement rappelé. Dans un arrêt du 23 octobre 2007, la Cour de cassation a jugé qu’un associé ne pouvait être privé de son droit de vote, y compris lorsqu’une procédure d’exclusion était en cours à son encontre.

En pratique, cela signifie que toute convocation irrégulière, toute assemblée tenue sans informer un associé, ou toute décision prise en violation des règles de majorité, peut être contestée devant le Tribunal de commerce.

Exclusion d’un associé de SAS : des conditions très strictes

Contrairement à une idée reçue, un associé majoritaire ne peut pas forcer la sortie d’un associé minoritaire sans base statutaire. L’exclusion n’est possible que si les statuts contiennent une clause d’exclusion conforme aux articles L227-16 et L227-19 du Code de commerce.

Pour être valable, cette clause doit remplir trois conditions cumulatives :

  • Avoir été adoptée à l’unanimité des associés ou figurée dans les statuts d’origine acceptés par l’associé concerné.
  • Prévoir des motifs précis d’exclusion — la jurisprudence exige des motifs sérieux, tels que la perte de l’affectio societatis, la violation grave des statuts, ou un comportement portant atteinte à l’intérêt social.
  • Respecter les droits de la défense — l’associé visé doit être informé des motifs, pouvoir présenter ses observations, et le vote doit suivre les règles de majorité prévues.

En l’absence de clause d’exclusion, la seule option pour l’associé majoritaire est de négocier un protocole de cession amiable, éventuellement avec l’appui d’un avocat spécialisé en conflit d’associés. L’associé exclu a dans tous les cas droit au rachat de ses actions à un prix fixé par un expert désigné conformément à l’article 1843-4 du Code civil.

Nullité des décisions sociales : un levier puissant

L’article L227-9 du Code de commerce prévoit que toute décision prise en violation des statuts ou de la loi peut être annulée par le juge. C’est un recours fréquemment utilisé en cas de conflit : un associé minoritaire peut ainsi obtenir l’annulation d’une délibération irrégulière, ce qui remet les parties en position de négociation.

L’action en nullité se prescrit par trois ans à compter de la délibération contestée (article L235-9 du Code de commerce). Il est donc essentiel d’agir rapidement.

Stratégies de résolution : de la négociation au contentieux

L’expérience du cabinet montre que la résolution d’un conflit en SAS suit généralement une escalade en quatre étapes :

La négociation directe — C’est le premier réflexe. Un échange structuré entre les associés, assistés de leurs conseils, permet souvent de trouver un accord sur les conditions de sortie : prix de cession, calendrier, clause de non-concurrence. La grande majorité des conflits d’associés se règlent à ce stade.

La médiation — Lorsque le dialogue est rompu, l’intervention d’un médiateur professionnel peut débloquer la situation. La réforme du Code de procédure civile impose désormais de justifier d’une tentative de résolution amiable de la mésentente avant toute saisine du tribunal.

La désignation d’un mandataire ad hoc — En cas de paralysie de la société, le président du Tribunal de commerce peut nommer un mandataire chargé d’une mission précise : convoquer une assemblée, auditer les comptes, ou préparer les conditions d’une sortie. Cette mesure reste exceptionnelle et suppose de démontrer un péril imminent.

L’action judiciaire — En dernier recours, l’associé peut agir en nullité des décisions sociales, en responsabilité du dirigeant, ou demander la dissolution judiciaire de la société sur le fondement de l’article 1844-7 5° du Code civil. Devant le Tribunal de commerce de Paris, ces procédures durent en moyenne 12 à 18 mois.

FAQ — Conflit entre associés de SAS

Peut-on exclure un associé de SAS sans clause statutaire ?

Non. En l’absence de clause d’exclusion prévue dans les statuts adoptée à l’unanimité (articles L227-16 et L227-19 du Code de commerce), il est juridiquement impossible de forcer la sortie d’un associé. Seule une négociation amiable ou une dissolution judiciaire reste envisageable.

Quel tribunal est compétent pour un litige entre associés de SAS ?

Le Tribunal de commerce est compétent pour les litiges entre associés d’une société commerciale, conformément à l’article L721-3 du Code de commerce. En urgence, le président du Tribunal de commerce peut être saisi en référé pour la désignation d’un mandataire ad hoc ou d’un administrateur provisoire.

Quelle différence entre un conflit d’associés en SAS et en SCI ?

En SAS, la liberté statutaire est beaucoup plus grande, ce qui offre davantage de leviers mais aussi plus de risques en l’absence de pacte. En SCI, le conflit entre associés se règle davantage par le droit civil (articles 1832 et suivants du Code civil), avec des mécanismes spécifiques comme le droit de retrait prévu à l’article 1869.

Combien coûte un avocat pour un conflit d’associés ?

Les honoraires varient selon la complexité du dossier et le mode de résolution choisi. Chez LLA Avocats, le premier rendez-vous de travail est facturé 300 € HT. Le cabinet propose ensuite une facturation au temps passé, au forfait ou au résultat selon les dossiers.

Vous êtes associé d’une SAS en conflit ?

Me Marc Ladreit de Lacharrière et l’équipe de LLA Avocats vous accompagnent dans la défense de vos droits et la résolution de votre litige — de la négociation amiable jusqu’au contentieux devant le Tribunal de commerce.

📞 01 86 95 83 98
Cabinet LLA Avocats — 30 rue de Miromesnil, 75008 Paris

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